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A toi, la bombe humaine

Qu’as-tu donc trouvé là-haut petite spice di counasse ? Pas de vierges, pas de houris, pas de fleuves de vin ? Et d’ailleurs à quoi ressemblerait le paradis des femmes ? Même pas un SAV digne de ce nom, pas de numéro vert, pas de réclamations possibles ? Qu’ont-ils pensé, là-haut de tes sous-vêtements sexy exposés sur la place publique ? Tu t’es donné en spectacle, une pièce tragicomique devant le théâtre municipal. Tu t’es trompée de scène et de pièce. Tu as foutu ta vie en l’air et celle de tous ces innocents parce que tu as confondu ce demi-cheikh avec un chèque en blanc ?
Au-delà du sang que tu as fait couler, des corps innocents que tu as brûlés, crois-tu pouvoir tuer la vie ? Effacer ce beau soleil au milieu du ciel serein et ces belles plages au sable fin ?

Crois-tu, petite spice di counasse, pouvoir empêcher ce clin d’œil complice à la passante inconnue aux cheveux fougueux et au sourire insolent ? Crois-tu pouvoir faire taire l’instinct de survie, le désir ardent de vivre comme on l’entend, d’écouter de la musique, de danser, de chanter, de rêvasser, de lire et de sourire ?
Que connais-tu de l’amour, sinon celui de rien, celui de livres poussiéreux et de la haine érigée en religion ? Que connais-tu de l’ivresse sinon le mirage ? Que connais-tu de la vie sinon le suicide et le sang ?

Essaie, petite spice di counasse, toi, l’infiniment petite, l’infiniment counasse, l’infiniment morte même quand tu croyais être vivante d’éradiquer l’art, la culture, l’histoire et les danses violentes sur le rythme du mezoued, les bras déployés, comme ça, sans raison, au beau milieu de nulle part, tu ne le pourras pas.

Il est simplement écrit pour ce petit pays d’être une grande nation, d’être une chanson émue et lacrymogène où la Zokra pleure en versant des larmes de joie, où le refrain n’est que bonheur et insouciance. Musique à fond, on n’entend ni les détonations, ni votre haine. On ne voit pas le noir qui vous engloutit, ni vos ceintures d’explosifs. Au milieu du vomi et de la fin du monde, il y aura la voix, celle de Amina Fakhet, par exemple qui vous rappellera, qu’il n’est simplement pas possible de tuer un peuple quoique désarmé sinon de son histoire, de sa culture, de sa folie et de son génie.

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