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Aux élections comme à la guerre

La Tunisie a sonné le tocsin de la campagne électorale présidentielle et législative dont la date est prévue pour la fin de cette année.

Les armées électroniques sont en place et se combattent à coups de rumeurs, de calomnies et de publications sponsorisées. Les partis politiques se font et se défont. Les tractations dans les coulisses vont bon train. On entrevoit les alliances. Chacun se situe dans l’échiquier politique en mouvement. Le ton des discours est devenu subitement belliqueux.

On déterre la hache de guerre, le quinquennat approchant à son terme. Le gâteau est à portée de scrutin. On fait du pied à l’électeur, on s’adresse à son inconscient. Il faut nous propulser au pouvoir pour qu’on te protège des autres. On est la seule alternative à la déperdition.

Les sondages à la carte sont servis ça et là. Partout dans le monde, les sondages d’opinion servent à jauger les tendances du moment, sauf en Tunisie, où on a la curieuse impression que les sondages, viennent au contraire en amont de la prise de position des personnes sondées et sont surtout destinés à diriger l’opinion publique.

Seule lueur d’espoir et de liberté dans un monde arabe englouti par les cendres et le sang, la Tunisie apprend la démocratie. La même forme de démocratie qui est en train de s’essouffler dans les pays forts de plusieurs siècles de pratique démocratique.

Sept ans après la Révolution populaire de 2011 dont les revendications étaient essentiellement sociales, aucun des objectifs à l’origine de la braise n’a visiblement été érigé en priorité par les gouvernants qui se sont succédés. Seuls acquis évidents, le vent de liberté qui souffle encore sur le pays et ces sièges éjectables qui ont fait qu’aucun politique n’est en mesure aujourd’hui de se pérenniser au pouvoir dans ce petit pays d’Afrique du Nord.

Premières notes du nouvel opus de la symphonie de la démocratie naissante. On est à des années lumière du monopartisme de l’autocratie déchue de Ben Ali. Tout semble possible. Souhaitons simplement, que les politiques qui postulent pour prendre les rênes de la Tunisie, gardent en tête les réelles préoccupations des citoyens et les vrais enjeux du moment. Qu’ils évitent les coups bas, les ingérences et l’argent sale. Qu’ils respectent les règles de la démocratie, pour que le rêve demeure.

Des vœux pieux, certes, mais il est permis d’espérer.

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