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Cette puanteur électorale

Déclarations incendiaires, tractations dans les coulisses, guerres intestines, coups bas, culte de l’apparat, guerre des chiffres et accusations fusant de toute part.

Hamlet nous dirait que: « quelque chose est pourri dans l’Etat du Danemark ».

Dans un pays où les mauvaises nouvelles, autres drames et tragédies constituent un pain quotidien, où les grèves sauvages prennent le citoyen en otage, où la cherté de la vie rend l’atmosphère irrespirable, l’actualité est accaparée par les rebondissements de la scène politique.

S’il faut se féliciter d’avoir réussi en quelques années à asseoir une démocratie en lieu et place des 99.99%  de l’ère dictatoriale révolue, impossible tout de même de feindre la félicité dans ce contexte de crise économique, sociale et politique.

Chaque jour apporte son lot géologique de « tectonique politique », les plaques et les blocs semblant en mouvement perpétuel. L’ami d’hier devient l’ennemi d’aujourd’hui et vice-versa. Le paysage politique et son évolution s’apparente à un scénario de science-fiction d’un génie surhumain.

Il suffit de se rendre dans la rue, de questionner le premier piéton croisé sur son sentiment au moment où la campagne électorale est définitivement amorcée, la réponse sera pour la majorité écrasante: « Dégoût et désintéressement de la chose publique ». Et pour cause, la rupture semble consommée entre peuple et politiques. Deux mondes parallèles dont le seul contact est un télescopage, divisé entre des gouvernés impuissants, malmenés, méprisés et appauvris et des dirigeants avides, cupides, corrompus et à court de plans et d’imagination.

Le pouvoir ne cache plus son incapacité à diriger un pays ingouvernable, paralysé par des dépenses faramineuses, des institutions monétaires internationales qui le mènent à la baguette et des mouvements sociaux qui font qu’il navigue à vue.

Ce qui n’arrange rien, c’est que la tête de l’exécutif semble plus concernée par la campagne électorale que par l’exercice de leurs fonctions et la gestion des affaires du pays.

218 partis politiques et un gâteau. Tout le monde veut sa part et nul n’est prêt à laisser tomber. La guerre des égos fait rage. Cette guerre n’est hélas pas celle des idées et des programmes.

Nous vivons la guerre politique de l’ignominie. Tout fait, tragique ou heureux, est instrumentalisé de part et d’autre. Chaque camp s’efforçant à s’attribuer les victoires et à accuser leurs adversaires pour les défaites.

Huit ans après la Révolution du Jasmin, la Tunisie, à bout de souffle, dans une situation précaire malgré les quelques acquis, a plus que jamais besoin d’un renouveau, d’un changement et d’y croire à nouveau.

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