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COVID-19, l’économie à tout prix

La récente contamination d’homo-sapiens au Covid-19 présente un danger redoutable qui guette des millions d’humains en l’absence de vaccin et de traitement adéquat. Les morts pourraient, selon l’Organisation mondiale de la santé, se compter en milliers.

En Tunisie, la poussée appréhendée de victimes du Covid-19 entre la fin du mois de mars et le mois d’avril secoue parallèlement les équilibres et les perspectives socio-économiques du pays, précipitant une crise dont les premiers à faire les frais sont d’ores et déjà les travailleurs journaliers, les petits commerces et les PME.

Les premières réponses du gouvernement à la pandémie s’apparentent à une longue série d’hésitations, de décisions incompréhensibles et un long retard avant de prendre les mesures urgentes afin d’amortir le choc d’une récession économique sur les couches sociales et les agents économiques les plus vulnérables. L’attitude du pouvoir jusque là démontre que la priorité n’est pas le maintien la santé de la population et des travailleurs mais plutôt la réussite d’un exercice d’équilibriste s’apparentant à un pacte avec le diable à savoir maintenir la cadence d’une activité économique normale et réussir à faire respecter le confinement.

Les pays qui ont décidé de se barricader ont aussi mis le paquet. L’État Français, à titre d’exemple, a annoncé un plan d’aide de 45 milliards d’euros pour les entreprises et pour les salariés. Le gouvernement italien a également adopté un décret d’urgence de 25 milliards d’euros pour soutenir l’économie.

Loin de tout populisme et en tenant compte des difficultés budgétaires de l’Etat Tunisien et de la dépression économique à l’échelle mondiale, il aurait du y avoir une réaction célère accompagnée de mesures monétaires et bancaires (injection de liquidités, suspension de certaines catégories de crédits) de mesures budgétaires et fiscales (ajustements budgétaires, création d’un fonds de soutien aux PME, report du paiement des déclarations) et de mesures sociales (aides aux populations fragiles, indemnisation de chômage partiel, suspension des cotisations sociales).

Un laisser aller ou de simples « mesurettes » ne formeront en fin de compte qu’une bombe à retardement qui explosera une fois le pic de la courbe de l’évolution du Covid-19 aura atteint son pic. Il sera impossible de maîtriser la colère des citoyens à ce stade.

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