Actualités Économie

Désolés de mériter une retraite

Le départ à la retraite est un acquis social incontestable, un droit qui s’exerce la tête haute. Il s’agit, après un certain temps de travail de bénéficier d’une pension de situation, d’une rémunération légale « bien méritée » qui vient consacrer « une vie de labeur », comme vous le dirait si bien votre patron ou le directeur des ressources humaines le cas échéant.

D’ailleurs, du moment que le contexte démographiquo-économique a changé depuis son introduction en Tunisie, il y a lieu de relever la nécessité d’une révision des modalités et des mécanismes de calcul et d’octroi de ladite pension, mais ça c’est une autre paire de manches. Par contre, remettre en cause le droit de départ à la retraite est définitivement une injustice pour ses bénéficiaires.

Le gouvernement Tunisien lui n’est apparemment pas de ce même avis ! Le traitement infligé à nos seniors dernièrement fait que la retraite apparaît, à nos guides suprêmes, comme un « bonus » que la société accepte à contrecœur, de verser à des travailleurs âgés, trop âgés pour être, selon les normes de la productivité, encore rentables. Versements par tranches, retards inexpliqués et cerise sur le gâteau panne technique dans le système bancaire à quelques jours de la fête de l’Aid due à une « forte volumétrie » comme l’a si bien expliqué l’association professionnelle tunisienne des banques et des établissements financiers (APTBEF) font de l’humiliation des retraités un acte récurrent et banal.

Pourtant, les sages ont si bien dit que les âges de la vie sont ce qui fait la continuité du temps humain. Sommes-nous devenus incapables d’honorer nos anciens, ce passé encore vivant de nos mémoires ? Quelle indécence et quelle misère ! Comble de l’ingratitude.

Chez les homo-sapiens développés, la retraite n’est pas la fin d’une activité mais le commencement d’une autre. Celle-ci participe au renouvellement même de la vie sociale et économique. C’est en cela que la question de la retraite ne se limite pas à un problème de comptabilité mais dévoile une indéniable dimension existentielle.

Il ne s’agit pas ici, finalement, d’entrer dans les calculs financiers des mécanismes des divers systèmes de retraite ni d’expliquer le déficit des caisses sociales, mais de manifester notre indignation à la rigidité du gouvernement et à l’indifférence de cette caste politique pour qui, le financement de la retraite et les autres problèmes urgents du pays passent loin derrière la guerre de pouvoir et le partage du butin électoral.

Dans le même contexte

La Grève des Jeunes Médecins : Jusqu’à quand ?

Naru

Cette jeunesse au-delà de l’entendement

Abdessmad Cabet

Carburant subventionné, démagogie ou humour noir ?

Mejdi Mtir

Laissez un Commentaire