Économie

Explique-moi ton budget, je te dirais qui tu es

Pour faire vite disons que le budget est un papier qui retrace les recettes et les dépenses de l’État pour une année civile. C’est à la fois un acte économique qui met en jeu la vision d’un gouvernement, même si le tout donne souvent l’air d’un tâtonnement dans le noir absolu, mais c’est aussi un acte juridique puisqu’il est voté au Bardo sous la forme d’une loi de finances traduisant donc ladite politique économique. On entend au loin les épiciers du coin radoter que c’est souvent une politique favorable à l’hypermarché et défavorable aux commerces de proximité, mais là n’est pas le sujet.

Les membres de l’assemblée des élus du peuple votent en décembre le budget préparé des mois à l’avance et applicable à partir du mois de janvier suivant. En cas de divergences par rapport aux prévisions, la loi de finances initiale peut être modifiée en cours d’exercice par une loi de finances rectificative.

Le budget, ce fameux papier qui agit directement sur tes finances, toi, l’ami, a la forme d’un tableau de calcul rempli de chiffres construits sur la base d’hypothèses tel que le prix estimé d’un baril de pétrole ou l’estimation de la parité de change euro dinars. Il se divise en deux parties : les recettes budgétaires à gauche et les dépenses budgétaires à droite.

Les recettes du budget de l’État Tunisien proviennent essentiellement de la fiscalité, c’est à dire des impôts payés par les contribuables (environ 65 % de recettes prévues pour 2018).

Des recettes non fiscales viennent s’y ajouter telles que par exemple, les recettes des privatisations, les bénéfices des entreprises publiques s’ils existent. Attention, l’ami, tes ricanements n’ont pas lieu d’être.

Les dépenses de l’État sont en principe, des dépenses de fonctionnement (notamment les rémunérations des fonctionnaires et les fameuses subventions des produits de base) et des dépenses d’investissement et d’équipement (construction de routes ou d’hôpitaux, interventions de l’état au niveau des entreprises). Une autre dépense vient s’ajouter lorsque l’Etat se trouve endetté, ce qui est hélas, le cas de la Tunisie. Il s’agit tout simplement du service de la dette, c’est-à-dire le paiement des tranches échues en principal et en intérêt que nous devons à ceux qui ont accepté de nous emprunter de l’argent. Ils se font de plus en plus rares, d’ailleurs.

Une fois nos prévisions arrêtées et nos calculs effectués, nous obtenons en fin de compte, un résultat que nous appellerons solde budgétaire. C’est tout simplement la différence entre toutes les recettes et toutes les dépenses de l’État. Dans ce cas de figure, deux situations se présentent : soit c’est le cas où les recettes dépassent les dépenses que nous appellerons excédent budgétaire (ce qui à ma connaissance n’est jamais arrivé en Tunisie), soit nous nous retrouvons dans la situation où les dépenses budgétaires dépassent les recettes budgétaires et c’est ce que nous appelons déficit budgétaire. Ce qui est le plus souvent, le cas ici bas.

Face à cette situation de déficit, réel problème pour l’Etat, des mesures s’imposent et c’est là que l’économie à la sauce tomate redevient intéressante.

Ce déficit est actuellement l’objet des principaux désaccords exposés. C’est le pourquoi du tapage de l’opposition sur le gouvernement lors du vote de la loi des finances et du gouvernement sur le citoyen en cours de l’année. Mais comme la vie d’un Etat doit se poursuivre quelles qu’en soient les circonstances, pérennité oblige, une politique budgétaire adéquate doit être décidée. Ami lecteur, tu vois se profiler, la notion de restrictions budgétaires et d’austérité.

Nous reviendrons dans d’autres billets, plus longuement, sur les causes de ce déficit et sur les différentes politiques budgétaires possibles après une courte pause spaghetti sauce blanche.

Dans le même contexte

Le bonheur au-delà des indicateurs économiques

Mejdi Mtir

Cette jeunesse au-delà de l’entendement

Abdessmad Cabet

Les femmes en Tunisie, une espèce en danger ?

Mejdi Mtir

Laissez un Commentaire