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Gilets jaunes, les voyants virent au rouge

Des images impressionnantes et d’une rare violence nous parviennent de France. Ceux du mouvement spontané et sans leader, baptisé les Gilets Jaunes.

Les pavés volent. Le pays brûle et les forces de l’ordre sont débordées. Chaque semaine, le même scénario chaotique se reproduit avec un degré de violence et d’organisation en plus. Retransmission en direct sur les télés et les réseaux sociaux d’une véritable guerre urbaine.

Des centaines de milliers de manifestants arborant des gilets jaunes, cet accessoire devenu d’un coup un symbole de la révolte de tout un peuple, opposés à des hommes en uniformes désemparés.

Les revendications ? Rien n’est moins clair. Le mouvement est surtout l’expression d’un ras-le-bol général.
Vous trouvez que le mouvement des gilets jaunes est abject, violent, xénophobe, dénué de leader et d’idéologie, dangereux pour la démocratie et la République ?

En effet, on est bien loin de l’expérience légendaire de la commune de Paris, de Proudhon et de Bakounine.

Vous me direz qu’un mouvement sans leader et sans assise idéologique est décapité d’avance. Avorté dans l’oeuf. Mais ce mouvement, il faut le reconnaître, est la monnaie de la pièce de ce qu’est devenue la France. Ce mouvement est un vomissement bilieux incoercible. Le peuple vomit ses politiques et la politique qui le soumettent, le rackettent et le condamnent à l’injustice sociale, à la précarité.

C’est violent, désordonné, ça ne mène à rien ?

Il faut dire qu’il y a cinquante et des poussières, en mai 68, les manifestants ne jetaient pas des fleurs non plus. La révolution pacifique est un mythe. Il n’y a qu’a posteriori qu’on pourra réellement comprendre, toute l’étendue et la portée du processus.

Par ailleurs, il s’agit là d’un symptôme, d’une fièvre mal tolérée, d’un corps malade. D’un voyant qui vire au rouge. Face à la laideur de la politique, le peuple oppose un mouvement laid, le reflet de son image.

La démocratie ne s’arrête pas aux urnes. La majorité démocratique ne donne pas de carte blanche. Faut-il le rappeler ?

Macron a multiplié les mesures impopulaires et les réformes tous azimuts, croyant que rien ne pouvait l’arrêter. Il se trompait. Il a transformé un peuple pacifique en guérilleros.

Commentant avec son insolence habituelle, le scandale de l’affaire Benalla, Macron disait : « qu’ils viennent me chercher ! »

Aznavour répondait dans la Mamma : « ils sont venus, ils sont tous là ! »

Avis aux politiciens bien de chez nous, trop occupés à se détruire pour œuvrer dans le bien de tous, quand vous aurez atteint le seuil de tolérance du peuple, vous ne pourrez plus faire machine arrière. Il sera déjà trop tard.

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