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La forêt derrière la « madrasa » de Regueb

Non loin de la ville de « Regueb », dans le gouvernorat de « Sidi Bouzid », se dresse un bâtiment mystérieux. La population locale le désignait par une appellation étrange, apparue dans l’environnement Tunisien avec la montée des islamistes au pouvoir, à savoir l’école « coranique ». Il s’avère suite à une investigation d’une émission télévisuelle que c’était l’une des plus radicales parmi les écoles religieuses. Une école coranique organisée et gérée à la manière des « Madrasas » afghanes. D’ailleurs, de nombreux dirigeants talibans, dont le mollah Mohammed Omar lui-même, ont été formés par ce genre d’institution. On y enseigne la version brutale et ultraconservatrice de la loi islamique tel que mise en pratique par le régime des talibans afghans. Il s’agissait de véritables viviers du fanatisme.

L’idée sur laquelle se sont basés les talibans pour fonder ce genre d’institutions était qu’en temps de guerre, ils pouvaient à tout moment fermer la « madrasa » et envoyer ses étudiants prendre les armes. De bien des façons, donc, il s’agit à la fois d’une pépinière de prédicateurs radicaux et d’une armée prête au combat le moment venu. Ainsi, à l’ombre des murailles massives de la forteresse de l’école coranique du « Regueb », quarante « étudiants» entre enfants et adolescent sont réunis. Tous sont de sexe masculin, tous souffrent de maltraitance, de sous-alimentation et d’abus de tous genres.

Pour convaincre les parents, les « enseignants » proclament qu’ils sont là pour fournir gratuitement « l’instruction », l’éducation et les moyens de subsistance à cette progéniture. Il s’est avéré que certains parents ont même reçu des sommes d’argent mensuellement. Certains de ces parents sont désespérés de la situation du pays, ils en ont assez de l’État tant qu’il y a la misère et la corruption. Certains ont marre des partis « laïques » et de ces « gouvernements » qui ne font que dire oui à ce que veulent ces « mécréants » d’Occidentaux. D’une manière ou d’une autre, pour ces gens là, la Tunisie ne s’intéresse pas au peuple. Alors tout le monde cherche des solutions et ces écoles coraniques sont là pour les aider à les trouver.

Sous couvert de la charité, un plan diabolique est en train d’être exécuté. Les partis islamistes connaissent les bénéfices qu’ils peuvent tirer du contrôle de ces lieux étant donné que toute éducation religieuse assurée par ces écoles n’est pas exempte d’orientation politique. La transformation effectuée par ces établissements a pour objectif final d’infléchir massivement sur l’avenir du pays. Entre les succès électoraux des partis islamistes et le travail effectué par ce genre d’établissements le lien est étroit. Il s’agit d’un lieu d’endoctrinement et d’embrigadement. Nous ne pouvons oublier la vidéo où l’un des dirigeants d’Ennahda dit clairement : Nous avons besoin de leurs enfants !

Dans l’urgence, L’Etat Tunisien est appelé à reprendre son rôle majeur et les politiques publiques doivent impérativement changer. Éliminer toute trace d’appareil de sécurité parallèle et prémunir le système de sécurité nationale des tentatives d’infiltration par ces courants extrémistes, redonner un espoir réel d’avancement social aux régions et aux quartiers délaissés, travailler sur la qualité de l’enseignement publique qui laisse vraiment à désirer.

Ce sont là les vrais défis des prochaines élections. Relancer ce programme de reconstruction du système publique, ce serait condamner ces homo-écervelus à la disparition.

 

 

*Crédit Photo : Neil DoyleKhaama Press– Taliban’s Madrasa

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