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Ga-begie Caïd Sebsi

Des discours, une gestuelle antipathique, un teint blafard, mais de la répartie, deux-trois proverbes, parsemés par des versets coraniques et des journalistes pour caresser son excellence dans le sens du poil, du crâne dégarni.

D’abord le choix de la tribune. Une chaîne privée, auto-proclamée familiale. Quand-bien-même désavouée par la HAICA. Tenue par un patron ténébreux qui ne compte plus ses déboires ni ses démêlées avec la déontologie et avec la justice.

Deux minutes pour parler du pays. Dix minutes pour régler ses comptes. Le parti avant la Patrie.

Prendre partie pour son fils, contre son adversaire politique, issu du parti qu’il a lui-même fondé. Démolir son chef du gouvernement pour les beaux yeux du rejeton. Faut bien lui donner une manette de PlayStation fonctionnelle, pour qu’il se taise et arrête de gueuler. Guerre intestine fratricide. Prendre la foule abasourdie pour témoin.

Le chef du gouvernement est mis devant le fait accompli: Tchi-Tchi ou la mort. La mort ? Mais d’abord, Tchi-Tchi.

Pénurie de médocs, pénurie d’eau, pas d’électricité, à court d’espoir et de perspectives. Un ascenseur social bloqué. Un taux de chômage stratosphérique. Une économie aux arrêts. Un pays sous anti-dépresseurs, aux bords du suicide, du gouffre et un État effrité sans aucune crédibilité.

Mais la priorité absolue est accordée aux chamailleries, aux règlements de comptes personnels. Enfantillages. C’est celui qui dit qui y est. C’est lui qui a commencé, pas l’autre. On lui confisque son jouet.

Va devant le Parlement ou va-t-en. De deux choses l’une. Le Président de la République a tranché, la gorge à la légalité, au sérieux et au prestige de l’État si cher à son cœur.

Porté à la tête de l’État par suffrage universel, parce qu’il incarnait l’espoir en dépit de son âge avancé, parce que le peuple voyait en lui l’expression d’un lointain souvenir de ces hommes d’État qui ont su donner à la jeune République tunisienne ses lettres de noblesse, Beji Caïd Sebsi nous rappelle désormais, à chacune de ses sorties que cet État s’essouffle, qu’il est désespérément déliquescent.

Où vivons-nous ? Sommes-nous condamner à subsister dans ce parc zoologique ? Si par malheur, venait-on à mourir ou à cesser de respirer ? Qu’allons-nous dire aux paléontologues qui déterreront nos fossiles ? Comment sauront-ils qu’il ne faut pas, ô grand sacrilège, nous confondre  avec cette masse de crasse qui nous gouverne ? A bas le Carbone 14 ! Par pitié, ne nous datez pas !

Loin de nous, l’idée de prendre position, pour l’urine contre les excréments, pour le vomi contre la morve. On rejette tout en bloc. On se met les doigts dans la bouche et on vous vomit, boulimie d’images nauséabondes, boulimie de crasse. Cela pique dans l’estomac.

Que dire ? Que faire ? On va leur laisser le pays, le Parlement, les institutions, les cons et leur Constitution, leur laisser les basses luttes de pouvoir ! Prenez tout, laissez-nous la mer, gardez la « mère-Patrie » qui prend l’eau, on fait le choix de la vie, de l’évasion. On déserte, on prend la « mer-Patrie » et on vous lègue « l’amère-Patrie ».

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