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La science inchallah

Mercredi dernier, en Tunisie, la Météo était en effervescence.

Un seul mot d’ordre: à vos barricades, citoyens !

Demain, ce sera l’apocalypse. Pluies torrentielles. Inondations. Grêle. Vigilance !

Le lendemain: ni les citoyens n’ont été vigilants, ni le ciel n’a daigné pleuvoir, ni la grêle n’a fini par cabosser les carrosseries en carton des voitures chinoises.

Si partout dans le monde la Météo fait des prévisions avec une précision impressionnante. En Tunisie, la Météo ne fait que des pronostics. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont très malheureux en jeux, souhaitons-leur qu’ils soient au moins heureux en amour comme le dit le dicton.

Manque de rigueur. Règne de l’aléatoire. Que dire d’un « scientifique » qui ponctue ses phrases de normalement, de si tout va bien et autres inchallah. Comble du malheur, qui finit systématiquement par se gourer. À force de crier à la tempête, sans que tempête ne s’ensuive, on perd définitivement de sa crédibilité. Ses déclarations n’entraînent tout au plus qu’un flot de ricanements et de moqueries.

Il ne s’agit pas là de moquer la Météo en tant qu’institution mais de relever un caractère un peu trop encombrant chez nos scientifiques. Le manque cruel de science et de rigueur.

Tel est également le cas d’autres domaines où le manque de sérieux jette le discrédit sur toute la discipline alors qu’il faut blâmer les noms et les têtes et non remettre en cause la science.

Résultat ? Les citoyens n’ont plus confiance en ceux qui devraient les éclairer et finissent par se résoudre à écouter les charlatans.

La « charlatanisation » de la science est devenu de ce fait, un sport national. Les faux experts sont sollicités, écoutés, on acquiesce obséquieusement. La foule est entraînée dans les méandres de l’obscurité par ceux qui sont censés les éclairer.

Si monsieur untel, présumé expert international, nous jure ses grands dieux que un et un font trois. Faut-il nier les maths, ou mettre en cause l’expertise ? Notre cher peuple a malheureusement opté pour la réponse A.

Pourtant, changer les choses est du domaine du possible. Il suffit de donner la parole aux vrais experts, de les appeler à vulgariser les termes scientifiques, de montrer au public que la science est tout le contraire des approximations, qu’elle est là pour apporter des réponses claires et précises et non pour noyer la logique. D’ici-là, contentons-nous de ce qu’on a. Que la science nous excuse.

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