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L’arme fatale du boycott

Le boycott est une action qui consiste à un refus systématique par un groupe de personnes de produits, de services, d’élections ou d’évènements. Il peut concerner un pays ou une entreprise.

Historiquement, le terme « boycott » prend ses origines de l’action de Charles Cunningham Boycott initiateur d’un mouvement né en Irlande par le biais duquel des fermiers ont sanctionné un riche terrien qui les traitait injustement.

Plusieurs mouvements de boycott ont marqué l’Histoire dont on citerait à titre d’exemple, l’action des tibétains exilés à l’encontre de la République Populaire de Chine, le boycott de l’Etat d’Israël, le boycott lancé par Ghandi contre le paiement des impôts à l’Empire Britannique.

Les dernières inspirations en la matière nous parviennent du Maroc et ont débuté depuis le mois de mai. Les victimes: l’eau minérale Sidi Ali, le lait Centrale Danone et les stations-service Afriquia mais également les sardines.

Mobilisation anonyme, sans leader, sans revendications claires, qui exprime simplement un ras-le-bol généralisé face à la cherté de la vie. Ce mouvement fait suite aux désormais célèbres protestations du Rif qui ont fait vaciller le Royaume.

Face aux entreprises florissantes qui décuplent leurs dividendes mais n’ont aucun scrupule à vouloir encore plus, quitte à faire payer les citoyens démunis, ce mouvement pacifique a affolé l’Estbalishment économique cupide et sans scrupules et provoqué des pertes considérables au point que Danone, par exemple, a fini par céder et annoncer une baisse du prix du lait dans les rayons.

La population n’a rien saccagé, n’a perpétré aucun crime autre que celui d’exercer son droit le plus élémentaire, la protestation.

Cela nous fait penser au roman La Lucidité de Saramago et la ruée vers les bulletins blancs qui ont fait foirer les élections et provoqué l’ire des autorités.

En Tunisie, aussi, les même causes objectives sont réunies et le même contexte social d’inflation, de cherté de la vie, de pouvoir d’achat réduit à néant mais toujours aucun mouvement de boycott.

La masse se sous-estime, n’est pas consciente de sa force. Augmentations récurrentes des prix du carburant, des matières de première nécessité. Évocation insistante de la levée de la caisse de compensation pour faire plaisir aux puissants. Le peu d’oxygène qui demeure dans l’atmosphère est en passe d’être pompé. « L’expérience sociale » consisterait à jauger jusqu’où pourrait-on aller sans que le peuple n’agonise ou ne fasse l’ultime choix de la rue.

Sept ans et des poussières après le mouvement social de Bouazizi, la Tunisie n’a fait que s’engouffrer davantage dans la crise, entrainant la population dans une paupérisation inquiétante.

Ne brulons pas des pneus ! Ne saccageons pas les grandes surfaces ! Ne faisons pas preuve de violence matérielle ! Face à leur violence, opposons le civisme ! On ne mourra pas en arrêtant de les enrichir. Amis citoyens, il ne nous reste qu’un choix, qu’une alternative pour les ramener à la raison: Parce qu’ils ne nous semblent grands que parce que nous sommes à genoux, faisons comme les voisins, comme le requiert la situation et comme il s’impose à nous, ressuscitons le pays, ventilation artificielle pour un peuple qui étouffe, boycottons-les !

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