À La Une Société

Le hooliganisme, symptôme d’un mal profond

 

La violence dans les stades n’est pas une maladie mais un symptôme.

C’est l’histoire de la dernière soupape de la jeunesse tunisienne qui est en train de sauter.

La jeunesse qui sait se montrer créative, libre, fraîche et intelligente quand elle veut et qui, faute de mieux, sait aussi rafler tous les records mondiaux de violence et d’incivisme.

Cette jeunesse traquée, agressée, muselée, à qui personne ne s’adresse vraiment, que personne n’écoute, gouvernée par des vieux qui ne la comprennent pas, qui la regardent avec des yeux écarquillés, sans la voir.

Les matraques et la « brodequinocratie » n’ont jamais fait mieux que précipiter l’implosion, qu’aggraver le dégoût ambiant et approfondir le gouffre qui sépare les jeunes de la chose publique.

Il y a certes des jeunes shootés à des saloperies en tous genres qui s’organisent pour que la lumière qui leur rappelle l’absurdité de leur existence s’éteigne à jamais, mais le mal ne s’y réduit pas. Le problème ne s’y résume pas. Le malaise que cela traduit est beaucoup plus profond.

Personne ne cherche à comprendre, à leur tendre la main, à faire l’archéologie de la violence. On se contente de traiter symptomatiquement « en attendant » des jours meilleurs.

Sans diagnostic clair, on ne fait que chroniciser la maladie, perpétuer le phénomène en taisant à coups de grands moyens totalement inutiles l’épiphénomène.

Pas de maisons de culture, pas de culture tout court, pas de repères, pas de débats, pas d’écoute, pas de maisons de jeunes qui bossent vraiment, pas de livres accessibles, pas de budget, pas de cinémas, pas de musique, pas de concerts, pas d’enseignement attrayant de l’histoire.

Rien que l’injustice et la répression aveugle, ne serait-ce que pour une bouffée d’oxygène mêlée de cannabis. On leur offre le néant, le vide, l’absence de perspectives, le flou et on s’attend à ce qu’ils rendent autre chose à la société, qu’ils soient des citoyens modèles.

Les lavabos qui volent, les pavés, les feux de Bengale, la violence et les combats de rue racontent le malaise, disent l’égarement et content un échec collectif à intégrer une jeunesse et son énergie, dans la construction de sa Nation. Une frange sociale marginale, qui à défaut de bâtir, de rêver, rêve de s’autodétruire, de tout brûler et de foutre le camp.

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