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L’égalité de l’héritage, parce que un et un font deux

Blessé, est l’homme tunisien dans son amour propre, dans sa conception de sa propre dignité, par la lutte juste de cette femme tunisienne qui s’évertue à reconquérir son droit élémentaire à l’égalité totale des sexes.

Dessin par Willis From Tunis pour lintellectuel.com

Perplexité. Mais que cherche au fond, cette créature immonde, à vouloir avec autant d’abnégation, s’aventurer hors de son milieu naturel, la cuisine ? A se considérer, ô grand sacrilège, comme un être humain ? A se défaire de son statut « naturel » de meilleur ami de l’homme ?

Se demande celui, dont l’esprit, miné par un abject héritage culturel phallocrate, n’arrive pas à concevoir qu’il n’y a nulle voie à la vie, à l’avenir non plus, encore moins à la modernité, loin de la reconnaissance pure et simple, sans « cependant », sans « mais », de l’égalité des rêves et des chances, de l’égalité des droits et des devoirs, au-delà des indéniables différences physiologiques.

Qu’importe, au final, ces soubresauts, ces convulsions rétrogrades, l’avenir appartient inévitablement à ceux et celles qui n’ont pas peur de se rendre à l’évidence, de s’avouer égaux, de se regarder dans les yeux, le sourire aux lèvres, de reconnaître l’urgence de lever l’injustice et de tutoyer le ciel à qui on impute, bien souvent à tort, la stigmatisation et l’humiliation de celles qui ont naturellement le droit à la dignité.

La Tunisie, c’est ce pays dont la constitution énonce clairement dans son article 21 que « Les citoyens et les citoyennes, sont égaux en droits et devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune. »

L’article 46 nous apprend que « L’Etat s’engage à protéger les droits acquis de la femme, les soutient et oeuvre à les améliorer. »

La Constitution Tunisienne de 2014, acquise au prix du sang et d’inestimables sacrifices, est-elle seulement un assemblage disharmonieux, d’articles pompeux et de clichés séduisants, que personne ne semble disposé à respecter ?

La Tunisie a, par ailleurs, ratifié la convention sur l’élimination de toutes les formes de Discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) depuis 1985. En 2011, toutes les réserves spécifiques émises auparavant, ont été levées.

Le 13 août dernier, le Président de la République a relancé le débat sur l’égalité de l’héritage provoquant des vagues de soutien partout dans le monde mais également un immense tollé dans le monde arabe. Colère, profonde émotion. Comment ces tunisiens, osent-ils le rêve blasphématoire de l’égalité ?

Parce que les justifications célestes invoquées par les escadrons de la poussière sont factices et irrecevables, parce que la femme n’est ni complémentaire de l’homme, ni un sous-homme, ni une citoyenne de seconde zone, parce que un et un font deux, parce qu’en 2018, l’égalité des sexes n’est plus un luxe ou une option, parce qu’il est grand temps pour le monde arabe de quitter la pré-histoire et d’atterrir dans la modernité.

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