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L’inflation en Tunisie et le non-pouvoir d’achat

Le constat est le même en Tunisie depuis maintenant une dizaine d’années, on a vraiment l’impression que le pouvoir d’achat diminue constamment en dépit des augmentations salariales successives, qu’elles soient décidées dans le secteur public ou dans le secteur privé. Mais a-t-on seulement raison de penser ainsi ?

D’abord, la définition du pouvoir d’achat est plutôt simple et élémentaire : c’est ce que vous pouvez réellement acheter avec votre revenu. Vous avez une augmentation de salaire, vous pouvez acheter davantage de biens de consommation. Seulement, ce pouvoir d’achat ne dépend pas que des revenus, il dépend aussi d’un facteur bien plus important que l’on appelle le niveau des prix.

En économie, le niveau des prix nous intéresse pour deux raisons. La première est qu’il il nous permet de calculer l’inflation, soit la variation des prix d’une année à l’autre. La deuxième, c’est qu’il nous permet de déterminer ledit pouvoir d’achat. Si votre revenu a augmenté cette année de 2 %, mais que tout ce que vous achetez a augmenté de 4 %, votre salaire nominal a augmenté mais votre salaire réel a baissé. Votre pouvoir d’achat, ce que vous pouvez vraiment acheter avec votre argent, est moins important que celui de l’année dernière. Vous avez perdu du pouvoir d’achat et c’est d’ailleurs le ressenti de toute la population locale !

Le taux d’inflation est calculé à partir d’un panier fixe de biens en supposant que ces proportions ne changent pas dans le temps. C’est l’institut national de la statistique (INS) qui se charge de publier ledit taux périodiquement.

Une inflation relativement faible et stable profite à l’économie. Elle permet de prendre de meilleures décisions à long terme et diminue l’incertitude. Une inflation hors de contrôle est nocive pour tout le monde. C’est bien le cas de la Tunisie.

Le graphique suivant montre la hausse vertigineuse des prix de certains biens fortement consommés par les Tunisiens entre les années 2010 et 2018 :

La Banque Centrale a pour mission de contrôler, à travers sa politique monétaire, le taux d’inflation. Si les prix augmentent rapidement et que l’inflation s’envole, la banque centrale haussera ses taux pour calmer l’économie. Des taux plus élevés, ce sont des coûts d’emprunt plus élevés. Si les prix ont tendance à augmenter faiblement, la BCT aura tendance à baisser son taux directeur pour stimuler la demande, rendre plus accessibles les emprunts.

Mais il est surtout du ressort du gouvernement d’agir sur l’inflation notamment par le biais d’une loi des finances qui préconise l’allègement fiscal et les subventions sur certains produits ou certaines filières ou par l’instauration d’une loi sur le contrôle des prix et des salaires. Chose qui n’a même pas été proposée dans les cercles de la bien-pensance au pouvoir ! Mais encore, l’État continue à encourager la politique de planche à billet ce qui revient à imprimer énormément de monnaie pour financer les dépenses publiques qui ne cessent d’augmenter. Que dire aussi du laisser aller face aux importations anarchiques et face à la mainmise des mafieux sur les circuits de distribution.

Ou bien, devrions nous nous considérer encore heureux que  le pays n’est pas encore tombé dans une période d’hyperinflation où l’inflation se maintient au-dessus de 50 % et où les prix des biens augmentent chaque 48 heures. Nous nous en serons pas loin si les mesures nécessaires ne sont pas prises d’urgence, le citoyen en a vraiment ras le bol !

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