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Ne pas cracher sur les tragédies des peuples émus

La sottise et la maladresse de certains médias étrangers cherchant le «buzz » et le sensationnel à tout prix sans se soucier de la détresse ou du déchirement d’un autre peuple qui lutte ou qui se fait malmener illustre ce désert intellectuel généralisé et toute l’indifférence vis-à-vis des affaires de la planète.

Nous nous rappelons certainement de la « Une » insensible du 18 mars 2015 du journal français Libération suite à une attaque terroriste : «C’est fini la Tunisie, c’est fini le tourisme » et de celle aussi froide que la première, publiée sur la même tribune un certain mardi 5 juin 2018 : Tunisie, « Moi aussi, un jour, je partirai ».

La réponse de la direction du journal suite aux nombreuses réactions d’indignation fut la suivante : Le titre du reportage de notre correspondante «C’est fini la Tunisie, c’est fini le tourisme», a provoqué une très vive émotion dans le pays. Il ne s’agissait en aucun cas de stigmatiser le pays ou de dissuader les touristes de s’y rendre mais de rendre compte par une citation recueillie sur place, comme l’indiquent les guillemets, de l’émotion suscitée par le drame.

Pourtant, en marge des événements qui animent la France ces dernières semaines, nous n’avons pas relevé de titres du genre : Privilégiez la Tunisie pour vos fêtes de fin d’année, évitez les pays à risque comme la France ! Ou du genre : C’est fini la France, c’est fini les chocolatines ! Les unes des journaux locaux Français sont soit du genre apaisant : « Une priorité : retisser l’unité de la nation », « Toujours le bras de fer », « Le pire évité mais.. » ou du genre relativement alarmant : « Une France toujours sous tension », « Gilets Jaunes un climat toujours tendu ».

Cela nous amène à nous questionner sur les raisons de l’aveuglement de certains journalistes quant aux tragédies des autres peuples. Quel rapport existe-t-il entre la lucidité, l’objectivité et la distance que requièrent une analyse politique pertinente et les titres aguicheurs qui ne tiennent aucunement compte du vif émoi d’une nation qui mord la poussière ? Ceci n’implique pas forcément cela, faudrait-il le rappeler ?

Un penseur moderne a déjà dit en parlant d’un certain type de journalistes : Metteurs en scène de la réalité sociale et politique, intérieure et extérieure, ils les déforment l’une après l’autre. Ils servent des intérêts. Ils sont les nouveaux chiens de garde.

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