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Nouveau chapitre de l’exode massif des médecins

Les résultats des épreuves de vérification des connaissances (ECV) médicales, communément appelées « concours français d’équivalence », sont tombés.

Les tunisiens ont tout raflé. Ils étaient majoritaires à être admis dans pratiquement toutes les spécialités médicales concernées.

Faut-il en rire ou en pleurer ? Jubiler en constatant que le niveau de nos jeunes médecins est internationalement reconnu ou s’attrister de constater l’hémorragie dont souffre nos hôpitaux et qui finira par se faire sentir à moyen et à long terme ?

Depuis des années la médecine tunisienne et plus particulièrement le secteur public, connait une crise sans précédent qui a poussé jeunes et moins jeunes médecins à gagner la rue pour crier leur furie. Ils dénoncent des conditions d’exercice médical indigne.

En face, les autorités n’ont jamais cessé au fil des ans de faire la sourde oreille.

Résultat inéluctable : les jeunes médecins foutent le camp. Ils se ruent sur ces concours d’équivalence et partent vers des pays où on sait les accueillir, les considérer, leur offrir les moyens de s’épanouir tant sur le plan personnel que professionnel.

Jusqu’à quand ce pays va-t-il regarder avec indifférence, arborant un rictus figé, presque amusé, le départ volontaire de ses enfants, dont il a cruellement besoin pour bâtir un système de soins digne de ce nom, au terme de leur formation, vers des cieux plus cléments ?

Comble de l’absurde : parmi les lauréats des épreuves de vérification des connaissances ne figuraient pas uniquement de jeunes résidents en médecine mais également des maîtres ! Des professeurs et même des chefs de service, qui ont visiblement fait le triste constat que ce pays ne valait plus la peine de se battre ni de se sacrifier davantage.

Y a-t-il un responsable dans ce pays, capable d’avoir le réflexe salvateur de comprimer la plaie pour que tarisse l’hémorragie ? Ou sommes-nous condamnés à assister, impuissants, à la mort annoncée de la santé publique qui devient de plus en plus livide, étourdie, le pouls filant, la respiration pénible, en se vidant de son sang et de ses forces vives ?

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