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Présidentielles des clans et des intérêts privés ?

Le jeu des pronostics électoraux est de plus en plus difficile en Tunisie. Pour une majorité de Tunisiens, une simple lecture de la liste des favoris pour le poste de président de la république est source d’inquiétude, voir de déprime et de lassitude.

Entre le candidat qui brigue son élection un poste de président de la république pour réaliser ce qu’il n’a pas pu faire auparavant en tant que chef du gouvernement, la longue liste d’ex-ministres ou d’ex-chefs de gouvernement présentants des bilans aussi nuls que celui du dernier chef en exercice et les candidats trainants des casseroles ou faisant face à des procédures de mises en examen, les électeurs se trouvent noyés dans un long fleuve de promesses non tenues, de procédures pénales et judiciaires, de trahisons et de retournements de vestes.

De plus, nos candidats, même avant le début de la campagne, multiplient les promesses démagogiques: Emploi, dette, pouvoir d’achat, sécurité, libertés, alors que la nouvelle constitution a limité l’extrême concentration du pouvoir entre les mains du président de la république !

Seulement, ces mises en scène sont là dans le but de focaliser l’attention des électeurs non avertis sur la personne du candidat et afin d’alimenter les machines médiatiques aux mains des clans, tout en faisant oublier les vrais ressorts de la fonction présidentielle et les prérogatives du poste en question.

La présidentielle est avant tout « la rencontre d’un homme et du peuple Tunisien » par ce qu’on ne devient pas chef d’Etat par accident. Le poste est avant tout politique et exige par conséquent des compétences dont tout le monde n’est pas pourvu : il faut d’indéniables qualités de patriotisme, d’indépendance, d’éloquence, une vision diplomatique et un sens du devoir envers les enjeux sécuritaires et stratégiques.

Ces dispositions assez rares pour se hisser au sommet du pouvoir ne peuvent se réunir chez des candidats poussés par les « entrepreneurs en élections », les grandes fortunes douteuses et les chefs de clans mafieux. Il est donc question de faire attention à ce que ce système politico-administratif, fonctionnant depuis plus de trente ans sous forme d’Etat-providence clientélaire, qui est de moins en moins providentiel et de plus en plus clientélaire ne tombe encore davantage sous la mainmise de nouveaux clans où, pour l’essentiel, l’objectif est de partager le reste de la dépouille de cette pauvre Tunisie où le pouvoir, l’argent et la violence se sont substitués au droit.

Chers citoyens, vous êtes avertis !

 

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