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Stop making stupid people famous

Blogueuses beauté stupides, influenceurs écervelés, bimbos à l’ignorance décomplexée, étalée fièrement, politiques sans politique, sans vision, intellectuels dont le QI ne dépasse pas en nombre – ni en fragrance – le Celsius de leur température rectale et autres experts en tout ne maîtrisant rien.

Les voix audibles de cette Tunisie post-révolutionnaire, ne sont ni sensées ni mélodieuses. Elles écorchent l’ouïe, font saigner les tympans et la raison et n’apportent rien de neuf, n’augurent rien de bon.

Bienvenue à l’ère de la médiocratie, où le vide sidéral est érigé en doctrine, où les talk-shows s’apparentent à une cacophonie. Grabuge. Brouhaha. Ricanements de concert, suffisance de l’assistance. La chose publique est désormais accaparée par les princes de rien, les dilettantes de la vie qui théorisent en toute insolence.

Des milliers de followers retweetent, likent et partagent. Les rares idées de qualité sont noyées dans l’énorme flux de vomi et de futilité.

Les médias comme catalyseurs, les médias sociaux pour habitat naturel. L’espace public est envahi par la vermine, celle qui se nourrit  de la cervelle des honnêtes gens, qui pompe malencontreusement l’oxygène et réduit en cendres l’intellect. Pour la première fois depuis 1956, le taux d’analphabétisme a grimpé. Ceci explique sûrement, en partie, cela.

Il est crucial d’édifier des espaces de réflexion accessibles au commun des mortels et non de céder à la facilité du buzz bête et méchant, celui du nivellement par le bas. De vulgariser le compliqué, la rigueur scientifique et non de regarder avec des yeux écarquillés une anorexique se brosser les dents en fredonnant une chanson sans intérêt.

Y a-t-il une pénurie de personnes intéressantes à solliciter dans ce pays ? Pas d’écrivains, pas de sociologues, pas de juristes, pas de cinéastes, pas d’artistes au vrai sens du terme, pas de politiques avec un background culturel respectable, pas d’historiens ? N’y a-t-il pas de cerveaux à faire parler ? Pas d’idées, pas de débat de fond à faire écouter au public ?

Il est crucial d’édifier des espaces de réflexion accessibles au commun des mortels et non de céder à la facilité du buzz bête et méchant

Que la suprématie du verbe élégant et de la culture reprenne la place arrachée par les escadrons de l’ignorance. Que l’on reconquière l’espace public confisqué. Que les débats sérieux et constructifs redeviennent la règle et non l’exception. Que la médiocrité arrête de combler les interstices d’un pays si vide, hélas, qu’il fait beaucoup de bruit mais sonne désespérément creux.

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Abdessmad Cabet

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