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Un ressortissant tunisien kidnappé a-t-il la chance d’être tunisien ?

En avril 2014, quatre journalistes français, Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torrès ont été libéré après 10 mois de captivité en Syrie.

Accueillis à la base de Villacoublay par le Président de la République Française de l’époque, François Hollande, Didier François avait déclaré avec une voix tremblant d’émotion: « Ca a été long mais on n’a jamais douté parce que de temps en temps, on avait des bribes. On savait que tout le monde était mobilisé. On a la chance d’être français. » Ces mots résonnent encore dans ma mémoire. Etre retenu en otage en Syrie pendant 10 mois, le couteau sous la gorge, savoir qu’on peut être tué à chaque instant mais se dire quand-même qu’on a la chance de porter une nationalité particulière. Qui pourrait réellement dire autant ?

Je me remémore des épisodes sombres de l’histoire de notre pays où des ressortissants tunisiens ont été kidnappés sans que personne ne semble s’en être réellement soucié.

Nadhir Gtari et Sofiane Chourabi et leur sort toujours énigmatique, des années après leur disparition.

La terrible vidéo de Mohammed Becheikh, diplomate tunisien kidnappé en 2014 en Libye, où il implorait Moncef Marzouki alors Président de la République Tunisienne de le sauver.

Le silence qui a accompagné la prise en otage en décembre 2015, au Yémen de la militante tunisienne de la Croix Rouge Nourane Houas.

Les différents épisodes de travailleurs tunisiens kidnappés en Libye.

Pour finir, le dernier épisode tragique de prise en otage au Cameroun de quatre employés d’une société tunisienne dont deux ingénieurs tunisiens. Après un assaut de l’armée camerounaise, Khaled Tinsa a été tué par ses ravisseurs. Mehrez Aouadi, le deuxième otage, a quant à lui, pu avoir la vie sauve ainsi que les deux autres employés de nationalité camerounaise.

Un ressortissant tunisien qui se fait kidnapper, a-t-il, lui aussi, « la chance d’être tunisien » ? Ou est-il simplement né du mauvais coté de la méditerranée ?

L’Etat Tunisien et l’opinion publique, s’activent-ils réellement, sur le terrain, pour sauver leurs compatriotes en danger de mort ? Ou leur mobilisation se réduit-elle à une légère préoccupation de façade, à coups de quelques communiqués fades et laconiques ?

On a beau dire, on a beau faire, les faits sont ce qu’ils sont. Rien ne sert de prononcer en grandes pompes des oraisons funèbres larmoyantes, a posteriori. L’Etat Tunisien a le devoir de faire du sort de ses ressortissants en danger, sa priorité absolue. Peut-on dire aujourd’hui, qu’il en est ainsi ?

Autant de questions demeurées en suspens…

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